Bonsoir à tous, suite au post de Daniel, je vais essayer d’éclaircir ma requête, le sujet est assez technique et il est difficile de savoir si tout le monde comprend la même chose (y compris et surtout moi).
1° Prenons le cas d'une lampe, par exemple, une 6S19P, c'est une triode dont la puissance de dissipation maximale d'anode est de 11W, Ikmax = 140mA et Uamax = 350V Dans tous les cas, le point de fonctionnement du push pull DOIT être dans la zone de sécurité :
Fichier(s) joint(s):
6S19P.png [ 120.44 Kio | Vu 11538 fois ]
2° Dans le cas d'un fonctionnement push pull en classe A, les 2 tubes fonctionnent tout le temps ensemble. Comme ils occupent chacun la moitié de l'enroulement du transformateur de sortie et que l'impédance est fonction du rapport des enroulements
au carré, la charge que chacun des tubes voit est Zpp x (1/2)² x 2 tubes = Zpp/2. Si, par exemple, Zpp=6kΩ, alors la droite de charge de chaque tube va être de 3kΩ
Fichier(s) joint(s):
classe_A.png [ 121.74 Kio | Vu 11538 fois ]
Sur le schéma au dessus, on voit en jaune la charge du tube et en bleu, celle du transfo. Au point de fonctionnement, chaque tube est à 200V et consomme 50mA. Du point de vue du transfo, la consommation est nulle car les tubes consomment le même courant. Si un signal positif arrive sur la grille de ma lampe, sa tension de plaque va descendre et sa consommation va suivre la droite de charge en augmentant. La lampe opposée va, quant à elle, bouger dans le sens opposé et réduire sa consommation en augmentant sa tension de plaque. L'intensité traversant le transformateur est déséquilibrée, l'enroulement de notre lampe consomme plus et se déplace à gauche suivant la ligne bleue clair. Avec 150Vcc de swing sur sa grille, la 6S19P va parcourir près de 300V sur sa plaque, chaque lampe fonctionne en permanence sur la totalité du signal, c'est le principe de la classe A. La puissance calculée d'un tel point de fonctionnement est (4*Vc)²/8*Zpp soit (4*150)²/(8*6000) = 7,5W (donc 4W efficaces).
3° Dans le cas de la classe B, le point de fonctionnement des tubes est à 0. Chaque tube va donc traiter une moitié de l'alternance du signal pendant que l'autre va rester bloqué au plancher. Comme seul un tube fonctionne à la fois, chaque tube voit Zpp/4 soit ici 1500Ω et la consommation des enroulements du transfo est exactement celle des lampes :
Fichier(s) joint(s):
classe_B.png [ 121.07 Kio | Vu 11538 fois ]
On voit ici qu'en restant dans les limites imposées par la DS, on peut prendre un point de fonctionnement à 240V. L'excursion de grille est d'un peu plus de 120Vc et celle de plaque de 180V. La puissance sortie théorique est alors de 10W. On est gagnant au niveau puissance, on l'est moins en distorsion à bas volume car les lampes opèrent près de leur point de fonctionnement c'est à dire dans la partie non linéaire de la triode, c'est pour cela que cette classe est surtout utilisée en amplification instrumentale (si j'ai là encore bien compris).
4° La classe AB, comme son nom l'indique, est un mélange des deux premières. C'est à dire qu'on utilise un point de fonctionnement avec un bias, comme en classe A sauf que celui-ci ne permet pas à la lampe de suivre toute l'excursion de grille :
Fichier(s) joint(s):
classe_AB.png [ 120.83 Kio | Vu 11538 fois ]
Le point de fonctionnent est toujours de 240V mais biasé à 20mA. Sans signal sur leur grille, les deux tubes fonctionnent ensembles à ce point de fonctionnement et l'intensité dans le transformateur est équilibrée, comme en classe A. Vg≈-105V. Si le tube reçoit un signal positif, sa caractéristique se décale sur la gauche sur la droite jaune. Si ce signal excède 40V, (Vg > -65V), l'autre lampe va se retrouver à Vg≈-145V et se bloquer au plancher. On se retrouve en classe B et la droite de charge devient Zpp/4. En réalité, à cause de la non linéarité de la courbe aux petites intensité le tube se bloque à bien moins que -145V, même à -160V, Ia > 0. Le passage en classe B n'est donc pas aussi franc que la théorie le prédit et le résultat de la courbe de charge est une courbe qui part de Zpp/2 et s'incurve pour tendre vers une parallèle sous Zpp/4. Là encore, la puissance délivrée est de 10W
Je ne rentrerai pas dans les détails des classes A2 et AB2 qui permettent une excursion de grille positive car j'atteindrais les limites de mes connaissances théoriques. La question de ce fil de discussion concerne bien le choix du point de fonctionnement par rapport à la limite de dissipation maximale. Si j'en crois le document de Totof -- son exemple est avec une pentode -- il est dit la chose suivante :
Le point de fonctionnement en classe AB doit être à 70% de la dissipation max à la tension de plaque choisie et dans ce cas, la droite de charge en classe B peut dépasser la limite maximum de dissipation sans danger pour le tube :
Fichier(s) joint(s):
classe_AB_fort.png [ 121.53 Kio | Vu 11538 fois ]
On reste ici dans la limite de Ik (140mA) et même si la droite de charge en classe A pénètre dans la zone de danger, cela n'est semble-t-il pas grave car le tube est déjà passé en classe B et peut sans souci rentrer dans cette zone dans la limite de deux fois la dissipation maximum (22W). Si cela est vrai c'est intéressant car ici on a 16W

et un tube qui fonctionne dans la majorité du temps dans la partie linéaire des courbes.
Wala, j'espère que je n'ai pas raconté trop d'âneries, le but n'est pas ici n'est pas d'avoir une vérité charismatique ni dogmatique sur la question du dépassement de la dissipation max en classe B mais bien de profiter de votre expérience en la matière et il n'en est pas de mauvaise
Amicalement,
Chanmix